La cuisine égyptienne est l'une des grandes cuisines méconnues. Elle se situe au carrefour des traditions méditerranéenne, nord-africaine, ottomane et arabe. Elle est généralement bon marché, en grande partie végétarienne par nature, et les meilleurs repas que vous ferez en Égypte ne se trouveront presque certainement pas dans votre hôtel. Ce guide dresse la liste des plats qui méritent vraiment votre appétit lors d'un voyage d'une semaine.
Pourquoi la cuisine égyptienne mérite plus d'attention
Pour un pays avec une telle histoire, la cuisine égyptienne est curieusement peu médiatisée en dehors de la région. C'est en partie une question de timing : les cuisines libanaise et turque se sont fait une place sur la scène internationale avant elle. C'est aussi parce que la cuisine égyptienne est avant tout une cuisine simple : lentilles, fèves, pain, légumes verts longuement mijotés. C'est une cuisine paysanne, issue d'un pays fort de 5 000 ans de tradition agricole, et c'est précisément ce qui la rend si savoureuse.
Quelques faits pour planter le décor :
- Un restaurant de koshari dans le centre du Caire sert plus de 1 000 bols par jour, entre 30 et 50 EGP l'unité. Ce plat est plus ancien que la plupart des pays.
- Le foul medames, le petit-déjeuner national, est documenté dans les sources égyptiennes depuis l'époque pharaonique.
- L'Égypte produit environ 1,5 million de tonnes de dattes par an, plus que tout autre pays. On les retrouve dans presque tous les desserts.
Les spécialités à ne pas manquer se répartissent en quatre catégories : la cuisine de rue, les plats familiaux, les grillades et les desserts.
Le koshari : le plat national
Le koshari est le plat à goûter si vous ne deviez en choisir qu'un. C'est un bol composé de plusieurs couches :
- Riz (à grain court égyptien)
- Lentilles brunes
- Macaronis et vermicelles
- Pois chiches
- Sauce tomate épicée (avec cumin, ail, vinaigre)
- Oignons frits croustillants
- Sauce optionnelle à l'ail et au vinaigre (« daqqa »)
- Sauce pimentée optionnelle (« shatta »)
Deux chaînes célèbres : Abou Tarek dans le centre du Caire (la référence absolue, sur trois étages, avec une file d'attente à l'heure du déjeuner) et Koshari El-Tahrir. La plupart des autres quartiers ont leur propre version, très appréciée localement. Commandez un « koshari kebir » pour un grand bol, pour environ 45-60 EGP.
C'est un concentré de glucides, riche en saveurs, végétarien, nourrissant, et c'est exactement ce dont on a envie après une matinée passée aux pyramides.
Ta'ameya et foul : le duo du petit-déjeuner
Si le koshari est le plat du déjeuner, le ta'ameya est celui du petit-déjeuner. C'est la version égyptienne du falafel, mais à base de fèves plutôt que de pois chiches, frite en forme de disques plats, souvent recouverte d'herbes fraîches et de graines de sésame.
Accompagné de foul medames (fèves mijotées avec du cumin, du citron et de l'huile d'olive), de légumes marinés, de tomates fraîches et de pain baladi chaud, c'est le petit-déjeuner de millions d'Égyptiens chaque matin. Un petit-déjeuner pour deux personnes dans un restaurant de foul et ta'ameya coûte entre 60 et 120 EGP, ce qui en fait l'un des repas au meilleur rapport qualité-prix au monde.
Où en trouver : n'importe quel chariot de foul de quartier au Caire (Felfela propose une version restaurant pour les touristes ; pour les adresses locales, cherchez « best ful » sur Google Maps). À Hurghada, demandez à votre hôtel où se trouve le « foul w ta'ameya » le plus proche ; chaque quartier en a un.
Molokhia et mahshi : les plats familiaux
La molokhia est le plat qui divise les visiteurs. C'est une soupe verte épaisse à base de feuilles de corète potagère (de la même famille que la mauve), d'ail, de coriandre et de bouillon, généralement servie avec du lapin, du poulet ou des crevettes, sur un lit de riz. La texture est surprenante : elle est légèrement mucilagineuse, un peu comme le gombo. Les Égyptiens ont grandi avec et la considèrent comme le plat réconfortant par excellence.
Le mahshi (légumes farcis) est l'autre plat que vous verrez sur toutes les tables familiales : courgettes, poivrons, aubergines, feuilles de vigne et chou, farcis de riz, d'herbes et parfois de viande hachée, puis mijotés dans un bouillon de tomate. On le sert le dimanche en famille et pendant le Ramadan. Une assiette dans un restaurant baladi : 80-150 EGP.
Autres plats familiaux à essayer :
- Fattah — un plat de pain, de riz et de sauce tomate à l'ail, parfois accompagné d'agneau. Un plat de fête traditionnel.
- Hawawshi — de la viande hachée avec des oignons et des épices, cuite à l'intérieur d'un pain plat. Une sorte de burger égyptien dans un pain pita.
- Macarona béchamel — la version égyptienne du gratin de pâtes, similaire au pastitsio grec.
Grillades et fruits de mer
L'autre facette de la cuisine égyptienne se joue sur le gril. Au Caire, les assiettes de grillades mixtes — kofta (brochettes d'agneau haché épicé), chich taouk (poulet) et côtelettes d'agneau — sont servies avec du tahini, des salades et du pain baladi tout juste sorti du four. Une assiette de grillades complète pour une personne coûte entre 180 et 400 EGP dans un restaurant local.
Sur la côte — à Hurghada, Marsa Alam, Alexandrie — on trouve des produits de la mer frais. Le poisson entier grillé (la pêche du jour, souvent de la daurade, du vivaneau ou des crevettes) est vendu au poids dans les marchés aux poissons, où vous choisissez votre pièce sur la glace avant qu'on ne la cuisine pour vous. Comptez entre 200 et 500 EGP par personne pour un repas copieux. Le Fish Market à Hurghada et n'importe quel restaurant du front de mer à Alexandrie sont des valeurs sûres.
Pour la meilleure expérience de fruits de mer, consultez notre guide des excursions à Hurghada : la plupart des excursions en bateau incluent un déjeuner de poisson fraîchement grillé à bord.
Les desserts : la partie pour laquelle personne ne vous prévient
Les desserts égyptiens sont plus riches que les desserts européens : ils sont souvent imbibés de sirop, chargés de fruits à coque et faits pour être partagés. Les plus grands classiques :
- Om Ali — un pain perdu chaud avec du lait, des raisins secs, des pistaches et de la cannelle, cuit dans un petit pot en terre cuite. Originaire du Caire mamelouk. Goûtez-le lors d'une croisière sur le Nil, où c'est un dessert incontournable.
- Basbousa — un gâteau de semoule imbibé de sirop à l'eau de rose, souvent surmonté d'une amande. Vendu dans toutes les pâtisseries.
- Konafa — des cheveux d'ange cuits sur du fromage ou de la crème, le tout arrosé de sirop. Redoutable, et un classique du Ramadan.
- Balah el Sham — des bâtonnets de pâte à choux frits et trempés dans du sirop, un peu comme le cousin plus riche des churros espagnols.
- Roz bel laban — un riz au lait à la cannelle et aux pistaches. Un classique réconfortant universel.
- Mahalabia — un flan au lait et à l'eau de rose, plus léger que les autres, souvent garni de pistaches concassées.
Où les goûter : El Abd (au Caire, plusieurs adresses) est l'institution de référence. Prenez une petite boîte d'assortiments ; pour environ 120 EGP, vous en aurez assez pour quatre personnes.
Boissons : thé, café, jus, et une grosse erreur à éviter
- Shay (thé) — le thé égyptien est un thé noir fort, servi dans de petits verres avec plusieurs cuillères de sucre. Ajustez le sucre à votre goût ; « shay sukkar khafeef » signifie « peu de sucre ».
- Ahwa Turki (café turc) — épais, avec le marc qui se dépose au fond. Commandez-le « mazboot » (moyennement sucré) ou « saada » (sans sucre). Ne buvez pas la dernière gorgée, c'est de la boue de café.
- Karkadeh — une infusion d'hibiscus glacée. Acidulée, d'un rouge profond, légèrement sucrée. C'est la boisson de l'été à Assouan et à Louxor.
- Sahlab — une boisson lactée chaude et épaisse, avec de la cannelle et des noix concassées. Uniquement en hiver, vendu par des marchands ambulants.
- Asab (jus de canne à sucre) — pressé minute dans de petits bars à jus. Tropical, doux et rafraîchissant. 10-20 EGP.
L'erreur à éviter : ne buvez pas l'eau du robinet, même pour préparer du thé en dehors des grands hôtels. L'eau en bouteille est omniprésente et coûte 15 EGP pour une bouteille de 1,5 L.
En-cas de rue à dénicher
- Termis (graines de lupin grillées) — vendues dans des cornets en papier sur les marchés et les plages. Salées, addictives, et parfaites avec une bière.
- Patates douces (batata) — uniquement en hiver, rôties dans des chariots en métal. Une odeur des rues du Caire dont vous vous souviendrez.
- Fruits à coque grillés — cacahuètes, amandes, graines de tournesol. Le snack des Égyptiens au cinéma.
- Jus de fruits frais — mangue (en saison), goyave, fraise, canne à sucre. 20-40 EGP pour un grand verre dans un bar à jus.
Où manger concrètement
Une approche qui fonctionne bien pour une première visite :
- Faites au moins trois repas locaux, en dehors du restaurant de votre hôtel. La nourriture y est meilleure, le prix est quatre fois moins élevé, et vous aurez une meilleure histoire à raconter.
- Utilisez les avis Google Maps sans modération — filtrez les lieux ayant plus de 500 avis récents et une note supérieure à 4,5, et lisez les avis en arabe via la traduction. Ils sont souvent plus honnêtes que ceux en anglais destinés aux touristes.
- Demandez à votre guide. Les guides égyptiens savent exactement quel restaurant de quartier est le favori des locaux et se feront un plaisir de vous y emmener.
- Essayez une visite gastronomique. Bellies en-Route, Eat Like a Local Cairo et d'autres petits opérateurs proposent des visites de 3 à 4 heures qui couvrent six ou sept plats pour environ 40-60 EUR par personne. L'investissement en vaut la peine, tant pour la nourriture que pour le contexte.
Planifiez un voyage axé sur la gastronomie
Si vous souhaitez un voyage spécifiquement axé sur la cuisine égyptienne — visites gastronomiques au Caire, cours de cuisine nubienne à Assouan, dîners au marché aux poissons sur la mer Rouge — nous en organisons régulièrement. Contactez-nous via la page de contact. Pour une planification plus générale, consultez notre guide complet sur l'Égypte, nos 12 conseils essentiels pour un premier voyage, et notre vocabulaire d'arabe égyptien pour commander en toute confiance dans les restaurants locaux.
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Questions fréquentes
Quel est le plat national de l'Égypte ?
Peut-on manger la street food égyptienne sans risque ?
Que mange-t-on au petit-déjeuner égyptien typique ?
Est-il facile de trouver des options végétariennes en Égypte ?
Combien coûte un repas égyptien typique ?
Peut-on boire le thé en Égypte ?
Quel est le meilleur dessert égyptien à goûter en premier ?
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